dimanche 28 octobre 2018
lundi 15 octobre 2018
Back to the Bay 6
Back
to the Bay
Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Saturday,
September 8th
Nous
ne sommes peut-être pas passés le bon jour, mais la librairie
« City Lights Books » nous a semblé bien calme en ce
samedi ensoleillé de fin d'été. Des pièces minuscules, encastrées
les unes dans les autres, des escaliers en bois étroits et tortueux,
des alcôves, des petits recoins sombres, des milliers et des
milliers de livres et de revues. Lawrence Ferlinguetti, le créateur
de la librairie la plus célèbre des Etats-Unis, lui a donné ce nom
en hommage au film de Charles Chaplin « Les Lumières de la
Ville »(1931). C'est ici que le coeur de la Beat Generation a
battu dans les années cinquante et c'est ici aussi que Ferlinguetti
s'est battu contre le conservatisme puritain notamment lors du
célèbre procès qui a suivi la publication de « Howl »
d'Allan Ginsberg (1957). Farouche défenseur des droits de l'Homme et
de la liberté sexuelle, pacifiste convaincu, militant anti-raciste,
Ferlinguetti, poète, libraire et éditeur,( aujourd'hui âgé de 99
ans!) a été en quelque sorte le Maspero de la West Coast, le
marxisme en moins. Ce matin, les clients sont des « boomers »
à la soixantaine bien tassée, et ils parcourent paisiblement les
rayons Vegan et Yoga. On s'est assis sur un petit banc, on a trouvé
au rayon poésie un exemplaire de la fameuse collection « Pocket
Poets » ( un peu ce que fera Seghers plus tard ), et on a lu
« Bomb » de Corso. L'esprit de la Beat Generation nous a
paru alors bien, bien loin, à ce moment-là, dans cette petite
librairie de province endormie… On est sorti, j'ai pris une photo
dans Columbus Avenue et on est parti à pieds vers le sud.
… Et
on a retrouvé le Souffle de San Francisco. Des dizaines de milliers
de personnes manifestaient pour la défense du climat : Sur plus
de 5km, Market St envahie de pancartes, de banderoles, de sirènes,
de chansons, de slogans au mégaphone. Des grand-mères, des enfants
en poussette, des couples de tous âges, des handicapés en fauteuil,
des chiens, des centaines d'étudiants de Berkeley, des chiens, des
jongleurs, des pacifistes, des écolos, le parti socialiste
californien ( si,si ! ), le LGBT local en masse et… pas un
seul policier en vue ! Une impression de force extraordinaire,
une détermination farouche contre la politique de Trump, mais aussi
et surtout, la bonne humeur et la fantaisie. Comme si la Beat
Generation et le Flower Power se retrouvaient ensemble, dans la rue,
cinquante ans après.
vendredi 12 octobre 2018
Back to the Bay 5
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to the Bay
Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Friday,
September 7th
Le
tour en bateau de l'île d'Alcatraz prend un quart d'heure et c'est
bien suffisant pour nous. Avec sa citerne et ses bâtiments délabrés,
la prison-musée est vraiment sinistre vue de la mer. Le Golden Gate
Bridge disparaît aujourd'hui dans le brouillard. Les cornes de brume
éclatent au loin. Heureusement, les lions de mer sont là pour nous
accueillir à notre retour au Pier 39. Une centaine de bêtes qui se
dorent au soleil sur les pontons et se chamaillent sans cesse pour le
plus grand bonheur des photographes en quête de selfies originaux.
Je suppose que l'office du tourisme de San Francisco doit leur
fournir chaque jour une tonne de maquereaux pour qu'ils restent là…
Prison dorée, donc, pour ces gros mammifères marins malodorants.
Non
loin de là, sur Telegraph Hill, il y a la Coit Tower. Une espèce de
grand machin en béton, haut de 66m et qui a l'allure d'une lance à
incendie pointant, toute raide, vers le ciel. C'est Lillie Hitchcock
Coit qui a financé son érection en 1933 en l'honneur des pompiers
qu'elle adorait. Veuve de banquier et sacrément excentrique comme on
le voit. Du haut de la tour, vue imprenable sur Alcatraz. On oublie
que les prisonniers avaient eux-aussi une vue imprenable sur la Coit
Tower. Un vrai supplice, on n'en doute pas.
Plus
loin, en descendant vers Chinatown, on emprunte Grant Avenue. Premier
vrai rendez-vous avec le blues.
Au
1339, c'est le Coffee Gallery. Enfin, c'était. Aujourd'hui ça
s'appelle « Maggie McGarry's » et la patronne a l'accent
irlandais.C'est dans ce bar que Janis Joplin chantait le folk-blues
et faisait passer le chapeau. Elle avait 20 ans et était au bord du
gouffre. Une fresque ( « mural » ) orne le mur du fond.
Janis y apparaît en majesté entourée de musiciens inconnus peints
avec des couleurs hideuses. Au bar, des hipsters élégants sirotent
leur Guiness. « Grant is a posh street », une rue chic…
La patronne est assise derrière sa caisse, les yeux dans le vague.
C'est la troisième fois que « West Memphis » passe. La
patronne doit aimer Lucinda Williams. Elle passe ses mains dans ses
longs cheveux châtains, comme ceux de Janis.
mercredi 10 octobre 2018
Back to the Bay 4
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Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Thirsday,
September 6th
Pour
aller au MOMA, en partant de notre hôtel, on passe par Tenderloin,
le quartier mal-aimé de San Francisco. C'est ici la plus forte
concentration de homeless de la ville, à deux pas du Hilton.
L'alcool
et la drogue font des ravages et les gens se piquent sous les
porches. Des filles de trente ans en paraissent soixante.
Déclassement, déchéance et désespérance. Janis Joplin, lors de
son premier séjour à San Francisco en 1963 a traîné par ici,
petite dealeuse à la dérive, malade et amaigrie, alcoolique déjà,
chantant pour une bière dans les anciens « speakeasy »*
de Turk St.
Le
Moma est à un quart d'heure à pied de Tenderloin et il faut
franchir Market St, principale artère de la ville qui marque la
frontière entre le pays des collines au nord et le plat pays au sud.
On
vient au Museum Of Modern Art de San Francisco pour notre chouchou de
toujours : Sandy Calder, le génial créateur des mobiles. Et
là, on est gâté… Le « Calder Room » peuplé de
mobiles de toutes formes, mais… parfaitement immobiles. Normal. Il
n'y a pas de vent, ni de courant d'air ici, et la clim n'a jamais
rien fait bouger… C'est assez frustrant, finalement. Sur la
terrasse, on découvre le « Grand Crinkly » rouge et
jaune devant un immense mur de verdure. Il ne bouge pas, lui non
plus. On est vraiment ému car il était installé dans les jardins
de Madame de La Fayette à Rennes lors de l'exposition « L'univers
d'Aimé Maeght » de 1979.
Il
faut écarter d'immenses rideaux rouges de plus de six mètres de
hauteur, pour entrer dans l'exposition temporaire consacrée à René
Magritte. Tout Magritte est là, y compris les variantes des tableaux
, et elles sont nombreuses… Mais on a beau chercher, on ne trouve
pas « Ceci n'est pas une pipe ». Etrange, quand même. Un
peu plus loin, on se rattrape avec « Fontaine » de Marcel
Duchamp, qui, comme chacun sait « n'est pas une fontaine »…
*
Speakeasy : Bar clandestin pendant la Prohibition ( 1920-1933 )
dimanche 7 octobre 2018
Back to the Bay 3
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journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr
Wednesday,
September 5th
2ème
breakfast de la matinée avec un petit cousin français installé
depuis 18 ans à San Francisco. On rigole bien en voyant arriver les
pommes de terre, les œufs brouillés et les côtelettes à 9h du
matin… Et c'est très bon. Vive le breakfast US !
Pierre
est très occupé. Busy young man ! Marié à une jeune femme
originaire de Hong Kong, il a deux enfants qui parlent chinois,
français et bien sûr américain !
« Vous
voulez voir quelque chose de typique à San Francisco ? »
Bien
sûr qu'on veut !
C'est
un bel hôtel, près d'Union Square, le centre du centre. Hôtel de
France. Le drapeau tricolore et le Stars and Stripes flottent
gaiement ensemble à l'entrée.
« le
patron est français, d'Orléans, c'est un de mes clients et il a
créé son hôtel il y a juste 50 ans. »
On
franchit la porte d'entrée et là c'est le choc !
Tout,
absolument tout est dédié à Jeanne d'Arc. Normal, le boss est
natif d'Orléans. Pas un espace, où Jeanne, sous toutes les formes
possibles et imaginables, ne soit présente ! Portraits, bustes
en plâtre ou en bronze, statues grandeur nature, tableaux, tapis,
fauteuils, abat-jours, verres, dessous de verre, tasses à café,
assiettes, nappes, couvercles de toilettes… Chaque chambre à son
thème : Les voix, Domrémy, la guerre contre les Anglois,
Orléans, le procès et même le bûcher…
« Les
Américains adorent, nous dit le jeune manager français, et ils en
redemandent ! On va prochainement mettre une mosaïque consacrée
à Jeanne d'Arc sur le trottoir devant la porte d'entrée. La mairie
est d'accord. »
Janis
of Port Arthur a-t-elle dormi dans cet hôtel ?
May
be, may be not...
vendredi 5 octobre 2018
Back to the Bay 2
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Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Tuesday,
September 4th
Avez-vous
déjà essayé de faire deux nuits à suivre ? On a essayé mais
on a échoué lamentablement. A trois heures du matin, debout.
Plaisirs du Jet-Lag. Relecture de « Hippie Days » d'Alain
Dister et de « Looking for Janis » de Lucie Baratte. A 8h
on est dans le Starbuck Coffee du coin de Bush St ( prononcer Beuch
), et on avale notre premier café américain du séjour, un
demi-litre bouillant et au goût indéfinissable. Aujourd'hui, au
programme, c'est le Cable Car, le moyen de locomotion emblématique
de San Francisco, et que seuls les touristes empruntent ; il
faut dire que le trajet simple vous en coûtera 7 dollars. Il faut le
prendre à Powell station, au coeur de Downtown. Imaginez une espèce
de gros chariot en bois coloré sur roues et sur rails, à mi-chemin
entre la cabine de téléphérique et la diligence. Mais il n'y a pas
de chevaux, ni de moteur ! Il y a un câble souterrain de 30 km
environ qui tourne sans fin et auquel le wagon vient s'accrocher à
l'aide d'un manche en acier muni d'une mâchoire . Ca vous
propulse à la vitesse de 15kmh sur des pentes qui peuvent atteindre
20 à 25 % quand même ! Le machiniste est un sportif qui
n'arrête pas de gueuler contre toute la terre qui l'empêche
d'avancer…
Tout
le monde rigole. Ambiance. Le chic, pour les touristes, est de rester
debout à l'extérieur du Cable Car, les pieds sur la marche en bois
et en essayant de s'agripper où on peut. Au terminus, à Mason pour
la ligne 1, les machinos retournent l'engin à la main, si,si !!
Retour
par Lombard St « The most curved road in the world » et
célèbre par la course poursuite de Steve MacQueen au volant de sa
Ford Mustang ( « Bullit »1968 ). J'ai revu la séquence
mais la Mustang n'emprunte pas les 8 virages en épingle… Dommage…
Jimmy
Hendrix, lui, les a empruntés, mais à contre-sens, après avoir
brûlé sa guitare au Festival de Monterey ( 1967).
mercredi 3 octobre 2018
Back to the Bay 1
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to the Bay
Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
3
Septembre 2018. L'atterrissage, après un vol de 11h et les
turbulences au-dessus de la baie d'Hudson, est toujours un moment
particulier, mélange de crainte et de soulagement. Ce soir le vent
est nul, le ciel parfaitement bleu et la baie, à 2000 pieds en
dessous de nous, scintille. Il est 19h heure locale et il va bientôt
être l'heure de prendre son p'tit dèj', heure française…
Attente
interminable à la police des frontières et à la douane.
Fonctionnaire sourcilleux et intraitable. Le Smith et Wesson est sur
la table.
Le
taxi est jaune, bien sûr, les amortisseurs sont morts et le
chauffeur bien allumé. On s'enfonce tout de suite dans le
brouillard, le célèbre brouillard de San Francisco, au milieu d'un
enchevêtrement d'autoroutes et de rocades. La nuit s'est installée.
Les rues sont droites et il n'y a pas de virages. On a l'impression
de tourner en rond dans un lacis de rues à angle droit !
«
The GPS doesn't work this evening. Too much fog ! »
Tu
parles… Vieille astuce de tous les taxis du monde qui prennent les
voyageurs à l'aéroport. Le compteur tourne comme un fou. C'est un
des derniers taxis de San Francisco - j'exagère à peine – Uber et
Lyft ont raflé la mise.
La
porte de notre hôtel, enfin, et une lumière chaude à l'intérieur.
Dehors,
à deux mètres, un SDF( on dit ici « a homeless man » )
dort paisiblement dans son sac de couchage. Il est jeune, bien
habillé et il y a une bouteille de Cola à côté de lui. Nous
sommes en plein centre ville. Contraste. Welcome to Frisco.
lundi 1 octobre 2018
vendredi 31 août 2018
mercredi 29 août 2018
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