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lundi 7 décembre 2009

Et encore la grippe !

Comme chacun sait, la grippe fait des ravages et le Jardingue n'y échappe pas.






Avec ce dessin se termine le Jardingue de Heffe. Comme il commence à faire froid dans le Jardingue, Heffe a eu envie de se mettre au chaud ; il hiberne mais garde un oeil sur ses contemporains... Demain donc, commence une nouvelle série " d'intérieur ".

jeudi 3 décembre 2009

Aidons nos amies les bêtes !


Voici les premières gelées ! Le temps est venu d'aider nos petits hôtes des jardins à passer l'hiver. Prenons par exemple la vipère des tomates. C'est un petit reptile très attachant mais fragile dès que le thermomètre descend. Comme ce petit reptile n'hiberne pas il faut absolument lui donner un coup de main. La meilleure façon est de l'assommer. Tout simplement. Si les cervicales sont atteintes, l'hibernation sera correcte. Une fois KO, la vipère ressemble à une guimauve molle. Il vous suffit de l'enrouler dans deux feuilles de papier-journal et de placer près de sa tête une petite grenouille confite dans l'alcool de poire. Si elle survit ( la vipère, pas la grenouille ), elle vous en sera éternellement reconnaissante.
Notre deuxième hôte est, comme vous l'avez deviné, le raton laveur. J'appelle raton laveur tout ce qui a quatre pattes et bouge dans le jardin. Comme on le voit, la vipère des tomates n'appartient donc pas à l'espèce des ratons laveurs. Par contre, le hérisson, le chat sauvage, la belette et le petit lapin, le rat des potagers et l'escalope des marais sont tous des ratons laveurs. En hiver, le principal danger auquel s'exposent ces adorables petits rongeurs est la mammite des frimas ( appelée aussi chauds tétons du potager par la tradition orale ). Contrairement à toute logique naturaliste, cette affection atteint mâles et femelles. Si vous voulez avoir un raton laveur sain et appétissant au début du printemps, vous vous devez de protéger vos petits bichons. Une vieille machine à laver de la marque Bendix fera parfaitement l'affaire. Il vous suffit de débrancher l'appareil, de l'installer près du fumier mais sans la vidanger. Ceci est très important. Quelques doses de poudre à laver non toxique pour les RL et le tour est joué. N'oubliez pas de laisser le hublot ouvert. Vous verrez, le RL ne peut y résister. Dans ce milieu accueillant, le RL ne craint ni la mammite des frimas, ni le courglou siffleur, son traditionnel prédateur pendant la saison hivernale.
Et bien, pour finir, évoquons justement ce courglou siffleur. Il émet un cri aigu qui paralyse le raton et fait tourner la crème anglaise. Mais il est protégé par le Ministre de la Culture et vous devez l'aider, lui aussi, à passer l'hiver de la façon la plus paisible qui soit. C'est simple. Il suffit de lui couper le sifflet d'un coup de binette. Le courglou s'endort alors comme une masse. Au début du printemps n'oubliez pas de réintroduire le sifflet dans son gosier ; opération pénible pour le volatile mais dans ses petits yeux jaunes vous lirez le mot "merci". Que ne ferait-on pas pour ces charmantes bestioles de nos jardins !

une vie de cornichon





Comme chacun sait, le cornichon est un fruit mal dans sa peau. On peut le comprendre. Vous avez vu sa peau ? A mi-chemin entre l'acnée juvenile et la chair de poule. Verte de surcroît. Triste vie pour ce rampant des potagers voué à la mélancolie et à la fréquentation des lombrics. Le plaisir sexuel lui est même refusé puisque ce sont les abeilles qui le fertilisent en le lutinant. Comme le potimarron, il connaît l'angoisse de la mort, ce en quoi il a tort, car le cornichon se réincarne alors en condiment et en compagnie de nombreux congénères il connaît enfin les plaisirs de la natation et de l'alcool.

mardi 1 décembre 2009

Lila abat ses cartes

Et surtout n'oubliez pas de cliquer gauche sur l'image pour retrouver le dessin original !

la poule et le haricot vert



Il faut choisir


Comparons, si vous le voulez bien, une poule et un pied de haricot vert. Quelle idée farfelue, me direz-vous ! Peut-être... Mais poursuivons. La poule, comme chacun sait, incarne la joie de vivre : Vive, enjouée, à l'affût du moindre grain qui traîne ou du plus petit vermisseau qui se trémousse. Espiègle et gracieuse, c'est une vraie ballerine dans son tutu de plumes blanches qu'elle présente au firmament. Qui n'a pas rêvé de s'offrir cette petite danseuse qui ne coûte rien et nous offre chaque jour un oeuf...
A l'inverse, le plan de haricot est d'une banalité mortelle. Tout est vert chez lui; il se fout complètement de ce qui l'entoure, et surtout, à la différence de la poule, il n'a pas l'esprit d'aventure. Son fruit comestible, le haricot des boîtes, se confond avec les branches et sa cueillette est un vrai supplice pour le jardinier presbyte.
Notre petite poule sort donc nettement gagnante de cette confrontation. Sauf que le haricot a un net avantage sur sa concurrente. En effet, je pèse mes mots, mais c'est l'évidence même : A la différence de la poule, le haricot vert ne pète pas. Ce n'est pas une grande découverte scientifique, me direz vous, mais c'est un fait. La poule, comme sa cousine la ballerine, a un pet discret. Mais dans les deux cas, leur pet a un effet dévastateur sur l'écosystème. Mon cousin Michel, qui est le spécialiste de la poule au journal de France 3, m'a confirmé qu'une poule adulte et bien charpentée pétait environ nonante fois par jour. Elle émet donc, selon ses calculs, une livre de méthane tiède par jour, ce qui contribue malheureusement au fâcheux effet de serre. C'est pourquoi, en jardinier amateur responsable, je laisse tomber la reine de la basse-cour et choisis le discret haricot vert. La Reine Victoria et Georges Clémenceau lui-même, célèbres jardiniers amateurs, avaient déjà fait le même choix : C'est dire !

lundi 30 novembre 2009

Comment peut-on être radis ?


Le radis rouge n'est pas bavard, loin s'en faut. C'est un solitaire qui aime par-dessus tout sa tranquillité. Grossir gentiment à l'abri des regards, sans se soucier des autres : voilà son idéal de vie. L'image, bien peu héroïque, qu'il nous donne est celle d'une petite racine auto-satisfaite, sans envergure, ignorant tout de la grande histoire du peuple radis rouge. Jusqu'au jour où un radis noir s'aventure aux frontières. Un radis, ce bâtard inculte, à la peau aussi noire que ses intentions ? Quelle prétention !... Fierté retrouvée d'être radis rouge. Mais au mépris s'ajoute la peur car il est diablement gros, ce radis noir ! La nation est en danger ! Vite on se choisit un chef, on lève une armée, on est prêt à en découdre... Et tout ce petit peuple, brossé, lavé, salé - rouges et noirs confondus - se retrouve bientôt au fond d'une assiette, prêt à être croqué.

mercredi 25 novembre 2009

L'art de la tonte ( 2 )


Que faire ? En fait, pour réussir un beau gazon, bien ras comme des poils de brosse, toutes les stratégies sont bonnes et les gazonniers ont mis au point des techniques pour mettre au pas les brins d'herbe - mâles et femelles confondus.
Je ne parlerai ici que de l'art de la tonte en Arménie. L'Arménie n'a pas de rivage maritime. Elle ne possède aucune piscine et toutes les rivières sont à sec. Et pourtant elles a les plus beaux greens du monde. Pourquoi ? La réponse est étonnante et pourtant assez logique comme vous allez le constater. Comme chacun sait, le sport national de l'Arménie est l'apnée. l'Arménien est gros fumeur et pourtant il a du coffre. Mais le plaisir de l'apnée est dans l'eau, un vrai et gros volume d'eau ! Allez donc pratiquer l'apnée sous un robinet, surtout quand il n'y a pas de lavabo en dessous ! Les Arméniens ont donc inventé un sport qui s'appelle, en Arménien : " Tonte du gazon en apnée ". Les règles sont simples : Il s'agit de tondre le maximum d'herbe sans reprendre sa respiration. Il y a un championnat masculin et un championnat féminin. Les travailleurs turcs immigrés ont un championnat à part. C'est un sport sain, sans pratiques déviantes, et il y a peu d'accident. Les Arméniens en sont très fiers mais ils ont du mal à exporter leur sport. Pourtant le résultat est là. Leur gazon est une pure merveille. Quel est le rapport avec l'apnée me direz vous ? Et bien, pour tout dire, je n'en sais rien et le mystère restera entier tant que l'Arménie n'aura pas récupéré le Mont Ararat.

mardi 24 novembre 2009

L'art de la tonte ( 1 )

Contrairement à ce que l'on admet généralement, le gazon n'aime pas être tondu. Sauf, bien sûr,le gazon des casernes, espèce rare et mal vue dans le règne végétal. Donc, le gazon normal n'aime pas ça. On peut le comprendre. Ce n'est pas tant la souffrance que la honte. Passe encore la douleur cuisante de la lame ; après tout, le bon air de nos région tempérées cicatrise bientôt tout ça. Mais c'est le ridicule de la situation que le champion des greens ne peut supporter. Mettez vous à sa place ! Le gazon mâle est fier de sa pointe, qu'il exhibe devant toutes les femelles du canton. Et voilà qu'un individu, généralement un dimanche matin, vous la tranche net, sans vous prévenir et - pire - sans s'excuser. Les femelles gazon, elles, sont plus fines. A l'approche de la lame, elles courbent la pointe, qu'elles ont plus ronde, et évitent ainsi la décapitation. Elles sauvent leur tête, si on peut dire, mais elles n'apprécient pas beaucoup, vous vous en doutez bien. Elles font donc de la résistance et sont le désespoir des tondeurs du dimanche matin. Dés qu'ils ont le dos tourné et que la tondeuse est rangée, elles relèvent la tête pour se moquer du jardinier et aussi, il faut bien le dire, du gazon mâle présomptueux. Elles transforment ainsi votre gazon en vieux tapis de bain rapé et ébouriffé.

A suivre

samedi 21 novembre 2009

Quelques problèmes mathématiques ( 2 )


  1. Calculez la vitesse de rotation d'une citrouille à la Motte Chalancon ( Drôme ) le lundi de Pâques.
  2. Un arrosoir est aux 2/3 vide. Sa contenance est de 5 l. Combien de temps Papy mettra-t-il pour le remplir à ras bord sachant que la pression de l'eau de la ville au robinet est inférieure à O,5 bar et que Papy a de sérieux problèmes de prostate.
  3. Papy est dans le carré de haricots verts. Il voit Mamie ( qui taille ses rosiers ) sous un angle de 60°. En s'éloignant vers le carré de salades, Papy voit désormais Mamie sous un angle de 30°. A quel endroit du potager Papy devra-t-il aller pour que Mamie disparaisse enfin de sa vie.

vendredi 20 novembre 2009

quelques problèmes de jardinage




  1. Tante Jeanne a une masse K. Tonton Lucien a une masse 1/2 K. Sachant que Tonto Lucien est un adepte du régime semi-crétois depuis 6 mois, calculez la date du divorce.
  2. Soit deux poireaux nés de deux pères différents. Calculez la probabilité qu'ils aient la même mère en décembre 2009.
  3. Une citrouille adulte a 3 mois; sa fille a 3 semaines. Dans combien de temps l'âge de la mère sera-t-il le double de l'âge de son enfant sachant qu'Halloween a lieu début novembre.
  4. Oncle Lucien part à l'allure de 5 km/h d'un point A de sa pelouse et se dirige vers un point B de la même pelouse en compagnie de sa tondeuse. En cours de route il s'arrête 1/4 d'heure. Puis il reste une heure en B et repart à l'allure de 2 km/h vers le point A. Il est de retour en A 6 heures 37 minutes après en être parti. On demande la distance entre le point A et le café des sports.

jeudi 19 novembre 2009

Devinettes




Madame Nini se pose quelques questions à propos du Jardingue. Pouvez-vous l'aider ?

  1. La surface d'un chou de Bruxelles déplié et mis à plat est égale à la surface du formulaire 2035 de la déclaration des impôts. Vrai ou faux ?
  2. Pourquoi Papy Max ne supporte-t-il pas les bouffées de chaleur de son rosier grimpant ?
  3. Entre la tomate A et la tomate B il y a une distance d. Combien de temps une tomate C mettra-t-elle pour joindre les deux bouts ?
  4. Papa sème et Maman pond. Qui en aura marre le premier ?
  5. Extraire la racine d'un carré d'endives.

mardi 17 novembre 2009

Le Concombre



Le concombre meurt mais ne se rend pas.





Le concombre est une fashion victim


jeudi 12 novembre 2009

Le concombre ( 2 )

Dans le fond du jardingue, le concombre est chez lui. Mais laissons plutôt la parole à Heffe qui connaît bien l'animal.

Le concombre

Contrairement à ce qui est généralement admis, le concombre n'est pas masqué. Bien au contraire ! Il n'y a pas plus franc et candide qu'un concombre. Du moins je parle ici du concombre de nos contrées, plus connu sous le nom de concombre de Moscou. Le concombre de Sumatra, appelé parfois hélicoïdal, est beaucoup moins connu et les ménagères ont bien raison de prendre leurs distances par rapport à un animal pareil. Donc, le concombre de Moscou, appelé aussi concombre de Moscou en polonais et en catalan, connaît une vie sociale riche et élaborée. Jamais vous ne verrez un concombre solitaire. Il vit exclusivement en colonies de plusieurs centaines d'individus. Mais ne vous méprenez pas. Son attirance pour la vie en société n'exclut pas un fort sentiment de sa personne et un Ego bien affirmé. L'Ego du concombre, c'est quelque chose ! Il faut l'avoir vécu pour le croire... Mais là n'est pas la question. La cohabitation entre les humains et les concombres se passe généralement bien sauf pendant sa sieste, au cours de laquelle le concombre migre. Pas bien loin. Mais il migre suffisamment pour gêner son entourage. Car si le concombre a de grandes qualités, il est aussi fort bruyant quand il se déplace. Et surtout - si j'ai un conseil à donner - il ne faut pas attaquer un concombre qui se meut.
Ami jardinier, pour la cueillette de votre cucurbitacée favori, choisissez le moment de la copulation. La copulation du concombre est brève, très brève même, mais d'une intensité rarement atteinte dans le règne végétal. Il s'agit pour vous d'être attentif et demande de votre part de l'adresse, voire même une certaine brutalité. L'attente peut être longue. Ne ratez pas les signes avant-coureurs de l'accouplement : frémissements, allant parfois même jusqu'à un phénomène ondulatoire du concombre. De petites fleurs jaunes apparaissent sur le pistil. Tenez vous prêt. N'essayez pas de choisir un mâle ou une femelle. Le concombre, comme l'escargot, est bissexuel et d'ailleurs, comme son congénère, ils ont toujours le même goût. Allez-y. Tranchez le pistil avec votre serpette et surtout ne vous laissez pas attendrir par ses gémissements. Le concombre sexuellement mature a plus d'un tour dans son sac. Mettez le dans un cageot avec les autres et précipitez vous au petit marché du coin. Vendez-le. Le plus vite, même à perte. Débarrassez-vous de lui. Les ménagères s'en débrouilleront. La vengeance du concombre est terrible.

mardi 10 novembre 2009

Le poireau










Le poireau



Il existe deux sortes de poireaux. Le poireau vert et le poireau rouge.Contrairement à ce que l'on peut croire, le poireau vert est nettement plus répandu que le poireau rouge. Et pourtant le poireau rouge jouit d'une excellente réputation chez la ménagère occidentale.Pourquoi, dans ce cas, ne le voit-on pas sur les étals des maraîchers ? La réponse est simple; Le poireau rouge est très timide et surtout il a horreur d'être tripoté. Donc il se cache et vous risquez de passer une vie de ménagère sans en voir un seul.
Mais faites une expérience. Demandez des poireaux rouges à votre maraîcher. Si c'est un bon professionnel il va dire : " Mais où est-il donc passé celui-là ? Nénette, c'est toi qui as rangé les poireaux rouges ? " etc. Vous pouvez être certaine qu'il ne trouvera pas les poireaux rouges. Honnêtement, je pense que ce maraîcher est de bonne foi, mais il connaît son lascar. Peut-être le retrouvera-t-il à midi quand il remballera. C'est quand même, me direz-vous, assez incompréhensible. Un étal de maraîcher, ce n'est pas les Champ Elysées ! Où a bien pu disparaître cette satanée botte de poireaux rouges ? Evidemment il y a un truc. Ce n'est pas de la magie. C'est un miracle de la nature, comme il y en a tant. J'ai découvert récemment que le poireau rouge est en réalité un caméléon, un diable de caméléon. En un mot il prend la couleur du légume le plus proche. Et la forme ? me direz-vous... Notre poireau rouge placé près d'une petite courgette lui emprunte immédiatement son bel habit vert... Mais il garde sa forme de poireau et il est démasqué sans coup férir.
Alors il faut imaginer que le poireau rouge est doté d'une sacrée intelligence. Après quelques expériences désastreuses au milieu des betteraves et des petits pois, il a trouvé la parade. Il se faufile discrètement et rejoint les bottes de poireaux verts. En une seconde il quitte sa robe rouge et prend la livrée verte de son cousin. Ni vu, ni connu. Le poireau rouge est devenu vert. Même couleur, même odeur, même goût. Mais dans son for intérieur il reste rouge.
En conclusion, au moment de faire la toilette intime de vos poireaux, dites-vous bien qu'il se cache sûrement un ou deux poireaux rouges dans le tas. Mais ils sont bien trop orgueilleux pour se dévoiler, même avant de passer de vie à trépas. Et de toute façon votre mari n'en saura rien.

Anniversaire de la chute du Mur


Nous sommes tous des Berlinois...

jeudi 5 novembre 2009

Cette racine méconnue, la carotte



Encore un petit dessin sur cette racine et on passe à autre chose. Le Jardingue finira par nous rendre tous fous mais avant d'en arriver à cette dernière extrémité, on va essayer de passer en revue quelques beaux spécimens qui poussent à l'ombre de la bêche de Gégé.
Demain donc, le poireau entre en scène.

mercredi 4 novembre 2009

Cette racine méconnue, la carotte ( 2 )

Un petit texte que HEFFE nous a confié qui a pour sujet la carotte mais où il est aussi question de rhubarbe et de Freud...




la carotte



Je ne parlerai pas ici de la carotte, dont il n'y a pas grand chose à dire finalement. Je parlerai plutôt de la carotte, si simple en apparence et pourtant si méconnue. Si on veut tenir un propos cohérent ( et intéressant pour le lecteur ) sur cette racine familière, il faut tout d'abord la différencier de la rhubarbe. Comme son nom l'indique, la rhubarbe - tout comme la carotte d'ailleurs ( et c'est là la difficulté ) est d'origine anglaise et plus exactement de la région de Waterloo. Si vous observez le mot rhubarbe, vous voyez immédiatement que c'est un mot anglais : Le "h" ne sert strictement à rien sauf à montrer que le mot ( et donc la plante ) n'a rien à voir avec la rubarbe, qui, elle, est bien française et s'écrit comme rumatisme ou rume. La variété de rhubarbe la plus appréciée des consommateurs d'Outre-Manche est la " Reine Victoria ". Courte sur pattes mais charnue, la tige modeste mais la gorge généreuse, elle est assez proche du navet de Coventry qui faillit disparaître lors du bombardement de 1940 et depuis ne se consomme plus sous forme de confiture. La " Reine Victoria ", elle, se cueille tôt le matin, ce qui - soit dit en passant - est la règle pour tous les tubercules anglo-saxons. Elle se consomme assez rapidement, après en avoir ôté les feuilles et les tiges indigestes. La tarte à la rhubarbe est le grand classique de la cuisine britannique. Elle ne doit pas être confondue avec la tarte à la rhubarbe ( sans "h" ) qui fait l'honneur des tables normandes mais dont la réputation est surfaite.
Comment en est-on arrivé là? C'est simple. Avant d'arriver à l'état si sympathique de compote, la rubarbe anglaise doit être semée en octobre ou au 15 août, selon la date prévue de la récolte. Dans les faits, il n'est pas besoin de la semer car, depuis la nuit des temps, le pied de rhubarbe ( avec un "h" ) se transmet de père en fils dans tout jardin anglais.
Mais revenons plutôt à la carotte. Comme toutes les racines elle se caractérise par son esprit de résistance farouche. N'attendez pas de la carotte qu'elle collabore au moment de l'arrachage : Elle résiste, se rompt mais ne plie pas. C'est la raison pour laquelle on l'a souvent comparée au Général de Gaulle qui en a fait un grande consommation lors de sa traversée du désert à Colombey. Comme leur illustre prédécesseur les anorexiques du monde entier en raffolent. Le Mahatmah Gandhi et le célèbre docteur Schweitzer ( celui de Lambaréné, pas l'autre ) ont même instauré une journée mondiale de la carotte qui n'a malheureusement pas eu le succès auquel on aurait pu légitimement s'attendre.
Terminons par l'aspect symbolique de ce fruit, aspect souvent négligé dans les revues agronomiques.Dans son fameux traité sur l'hystérie, Freud en parle en des termes si élogieux qu'il en a fait rougir plus d'une... Mais comme chacun sait, le bon docteur n'avait pas sa langue dans sa poche quand il s'agissait de disséquer les phantasmes des anorexiques viennois de la belle Epoque.
Quant au lien entre la consommation régulière de carottes des sables bio et le cancer de la prostate, il n'est scientifiquement établi que dans un seul pays : La Biélorussie du sud, allez savoir pourquoi.