lundi 31 décembre 2018
vendredi 16 novembre 2018
vendredi 9 novembre 2018
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to the Bay
Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Thursday,
September 13th
Le
BART est un genre de RER qui dessert toute la baie de San Francisco.
Aujourd'hui, pour aller à Berkeley, on plonge avec le BART sous
l'eau pendant une vingtaine de minutes. Les wagons sont vieillots et
on est sérieusement remués. Les habitués continuent de lire leur
journal sous la lumière blafarde et avec cinquante mètres d'eau du
Pacifique au-dessus des têtes, quand même… Autant dire qu'on est
contents de retrouver la lumière du jour du côté de West-Oakland
et enfin Berkeley !
Dès
la porte de la station franchie, on est dans le bain. Un petit robot
sur roues nous accueille puis il prend de la vitesse comme pour nous
dire « Suivez-moi ! ». Il file son petit train de
sénateur ( la vitesse d'un marcheur ) sur les trottoirs. Apparemment
les piétons sont habitués et ils s'écartent. Nous rencontrons
d'autres robots du même type qui partent dans d'autres directions.
Notre petit robot respecte le code de la route et traverse au
bonhomme vert, comme les enfants ! C'est un « Kiwi »,
entièrement autonome, qui va chercher les plats dans les restaurants
et les livre aux clients, chez eux. Les livreurs de pizza à
bicyclette ont du souci à se faire…
Berkeley,
la plus grande université publique des USA : 750 ha, 36000
étudiants et une vingtaine de prix Nobel parmi les profs. Une
véritale fourmillière à la reprise des cours de 14h. Tout est ici
ouvert. On entre dans un bâtiment. On pousse une porte. Un labo de
chimie apparemment avec ses paillasses. « Bonjour. Comment
allez vous ? Besoin de quelque chose ? Vous voulez voir ce
qu'on fait ? » Inimaginable en France. Bibliothèques
ouvertes, même la nuit.
Des
affiches annoncent un meeting du nouveau parti communiste américain.
D'autres proposent des stages de combat de rue éco-responsables
(sic)… Sur un poster, Hillary sur son âne démocrate est
poursuivie par un éléphant Trumpien hilare. Sur une affichette, une
musulmane revendique le droit de porter un voile...transparent !
Comme
si l'esprit contestataire des sixties était encore vivant dans ce
lieu qui l'avait vu naître.
mercredi 7 novembre 2018
Back to the Bay 11
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Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr
Wednesday,
September 12th
Quand
on débarque du tram, on sait tout de suite qu'on est à Castro, le
quartier Gay: la couleur arc-en-ciel est omniprésente. Drapeaux,
voitures, vêtements, même les passages pour piétons…
Dans
une large rue inondée de la lumière du matin et bordée de maisons
néo-victoriennes aux bougainvilliers flamboyants, on découvre la
célèbre « Maison bleue » chantée par Maxime Le
Forestier à la fin des années soixante. Une plaque discrète,
cadeau de l'Alliance Française, rappelle l'histoire du lieu. Juste
en face, un coffee shop nous propose des « kouign amann baton
(sic) ». Nous faisons le test. Les kouign de Frisco sont dans
la pure tradition de Douarnenez. Miracle de la mondialisation…
Retour
vers le Golden Gate Park en passant devant quelques maisons de stars
de la planète Pop des Sixties. On a entendu parler de l'Arbre de
Janis Joplin et on veut le trouver. On n'en sait pas plus. La
chanteuse a-t-elle chanté sous ses branches ou l'arbre a-t-il été
planté en hommage après sa mort ? Seule indication, il se
trouverait sur Hippie Hill près de l'entrée-est du parc. On
rencontre un garçon en train de caresser le tronc poilu d'un
palmier. Il a le look californien de 2018 : petites lunettes
rondes, queue de cheval, barbe blonde naissante, chemisette, bermuda
et New Balance aux pieds.
« We're
looking for Janis Joplin's tree. Is that the one ?
On
cherche l'arbre de Janis Joplin. Est-ce que c'est celui-là ?
-Je
ne sais pas… mais j'aime cet arbre. Il a de longs poils blonds
comme moi. C'est mon frère… » Et il me tend son joint avec
un large sourire.
« On
est en Californie ici. On partage tout. Même le meilleur. »
C'est
finalement un jardinier qui nous indique l'emplacement du fameux
arbre.
C'est
une sorte de parasol végétal au bord d'un chemin qui fait le tour
de la vaste prairie où avait lieu le concert de dimanche dernier.
Une jeune guitariste, appuyée sur le tronc noueux essaie de placer
les premiers accords de « Nobody knows you when you're down and
out » standard du blues chanté par Bessie Smith dans les
années 20.
Nous
descendons le parc sur plusieurs kilomètres jusqu'à l'océan et
l'immense plage sauvage et absolument déserte. Sur une des
dernières maisons du boulevard nous trouvons le premier tag de San
Francisco. Enfin ! Certainement l'oeuvre d'un Rennais en
manque...
lundi 5 novembre 2018
Back to the Bay 10
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Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Tuesday,September11th
Les
bus, à San Francisco, c'est le pied. Ils nous trimballent et nous
brinquebalent dans tous les coins de la ville et des alentours. Les
chauffeurs ont des gants de chantiers oranges, les amortisseurs sont
morts et pour demander un arrêt, on tire sur un cordon jaune qui
fait le tour du bus au-dessus des vitres. Les cyclistes qui prennent
le bus mettent leur bicyclette sur un porte-vélo installé à
l'avant du bus et à l'extérieur ! L'installation doit être
rapide car le bus ne s'arrête pas longtemps !
Ce
matin c'est le 28 qui nous mène au Golden Gate Bridge. Temps de
carte postale, affluence touristique maximale. Un Tour-bus débarque
ses 50 voyageurs arrivés du matin de Nogent le Rotrou via Roissy. Le
vacarme des voitures sur le tablier métallique du pont est
assourdissant. On marche 200m et on fait demi-tour. Groggy.
A
l'entrée du pont le drapeau américain flotte dans le vent. A
mi-mât. Tous les drapeaux de la ville sont en berne aujourd'hui.
Nous sommes le 11 Septembre, 17 ans après les attentats contre le
World Trade Center.
Au
sud du pont s'étend un vaste parc, le Presidio, Tout en haut des
falaises qui surplombent l'Océan Pacifique, le chemin de randonnée
passe devant une série de bunkers ( « the batteries »)
construits dans l'entre-deux-guerres et armés de gros canons de
marine. Ils protégeaient la ville contre d'éventuels envahisseurs
venus de l'Ouest. Après Pearl Harbor (décembre 1941) et
l'entrée en guerre des Etats-Unis,
des centaines d'artilleurs ont attendu ici l'assaut des Japonais. En
vain. La version américaine du « Désert
des Tartares » en quelque sorte.
Le
Presidio est moins connu que le Golden Gate Park. C'est un parc
naturel, sauvage par endroits et on y rencontre des coyotes en
vadrouille. Aujourd'hui on y rencontre une fille à vélo. Elle
cherche son chemin, comme nous. Elle monte toutes les côtes à pieds
car elle a peur de dérailler. Elle mange gras pour se donner des
forces ( c'est facile à San Francisco…). Elle est française,
comme nous et a fait le chemin de Saint-Jacques, comme nous. Elle
a rencontré Brigitte, la gentille illuminée de Decazeville, comme
nous, mais elle arrive de Tahiti
et pas nous… Ah si, j'oubliais… Elle est bretonne, comme nous,
mais de Brest-même, et pas nous.
dimanche 28 octobre 2018
Back to the Bay 9
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Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Monday,
September 10th
Pour
aller à Monterey, c'est simple. Plein sud, l'océan Pacifique à
droite, le Continent à gauche. Highway 1 jusqu'à L.A. si on veut !
On
a pris un bus touristique, histoire de jouer les veaux. Effectivement
on est des veaux aujourd'hui. On somnole dans le bus. Les falaises
vertigineuses défilent sur fond musical de supermarché. On descend
du bus au bout d'une heure : arrêt programmé pour aller
acheter une barquette de fraises sur un parking. Et on remonte.
Champs de fraises à perte de vue sur des dizaines de kilomètres et
nuées d'ouvriers agricoles mexicains à la cueillette. Pas une seule
touffe de mauvaise herbe à l'horizon. Monsanto règne en maître
ici. Fruits splendides, photogéniques mais absolument sans aucun
goût. La malbouffe américaine à l'état pur. Et on descend
toujours.
Arrêt
à la cafetaria du Golf de Pebble Beach. La journée de golf est ici
à 470 dollars, nous précise le chauffeur du bus. C'est ici, sur le
parking, sortant de l'arrière d'une luxueuse Ford Mustang que nous
voyons les deux premières femmes voilées de notre séjour. Riches
saoudiennes certainement. Les maris partent pour le green en
voiturette. Les deux femmes, dont on ne voit que les yeux, se
prennent en photo au volant d'une autre voiturette aux armes du Golf
( since 1887 ). Elles rigolent. Elles ont un volant entre les mains.
C'est 1 dollar la photo. La voiturette ne bouge pas. Elle n'a pas de
moteur.
Monterey
: Petite ville balnéaire où personne ne se baigne. Un aquarium
géant, une rue de boutiques de fringues et de mauvais restaurants.
Mais Monterey, premier festival pop de l'Histoire il y a tout juste
50 ans. C'est pour cela que nous sommes là, à la poursuite des
fantômes. Cela se passait entre le 16 et le 18 juin 1967 sur les
County Fairgrounds (Champ de foire), malheureusement distants de 5km…
Monterey :
Janis Joplin est définitivement lancée grâce à une interprétation
inoubliable de « Ball' n' Chain », les Who cassent leurs
guitares sur scène, Jimmy Hendrix brûle la sienne et Ravi Shankar,
pendant plus de 4 heures tient en haleine le public, littéralement
envoûté par le sitar du maître.
Nous
attendons le bus qui nous ramène à San Francisco. On écoute en
boucle Canned Heat, lui aussi à Monterey en 1967. Devant nous une
grande affiche annonce le prochain Festival de Jazz de Monterey pour
la fin du mois. Je crois bien que c'est le 60ième ! Dommage, on
sera partis !
La
vedette du festival cette année se nomme Norah Jones.
La
fille de Ravi Shankar.
Back to the Bay 8
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d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Sunday,
September 9th 2pm
Le
haut du Haight est célèbre pour son hangar transformé en caverne
d'Ali Baba des collectionneurs de CD et deVinyls . Ca s'appelle
« Amoeba Music » et c'est gigantesque. On trouve des
raretés à des prix tranquilles.
En
face, un hobo ( vagabond ) et son chien font la manche. C'est un
mendiant qui a de l'humour ( voir dessin ), il n'accepte que les
billets. Il faut dire quand même que le premier billet ici est celui
de 1 dollar. On passe devant la coquette maison victorienne de Janis
Joplin sur Lyon St et on débouche sur le « Panhandle »,
le manche de la poêle, jardin tout en longueur, jadis célèbre pour
ses cavalcades de hippies et désormais parcouru par des ribambelles
de cyclistes et de skates ou de rollers. Les plats sont rares à San
Francisco et comme ici c'est en légère pente descendante, on en
profite.
Le
Golden Gate Park est à deux pas de Haight St. On traverse Stanyan St
et on y est. Cinq km de long jusqu'à l'Océan Pacifique et des
dizaines de milliers d'arbres, d'arbustes, de plantes. Un grand
panneau à l'entrée du parc – pas de grille ici bien entendu –
annonce l'événement : « The Opera in the Park ».
On est tout de suite dans le bain. Cela se passe dans la grande
prairie au pied de Hippie Hill., haut-lieu des festivals improvisés
où les stars pop se mêlaient aux inconnus du Hippyland dans des
bœufs sans fin...Aujourd'hui, la pop a laissé place aux grands airs
d'Opéra. La foule est tout aussi nombreuse et tout aussi bon enfant.
On mange, on boit, on discute, on s'amuse en famille et… on écoute
Carmen qui n'en finit pas de mourir, accompagnée par l'Orchestre
Symphonique de la ville au grand complet. A côté de nous un
musicien sans complexe accompagne discrètement la chanteuse de son
tambourin à clochettes. Personne ne s'en offusque. Un jeune papa
change son bébé pendant que la maman somnole. Un cycliste passe
devant nous en zigzagant entre les spectateurs. On est passé à Dom
Juan. Deuxième et dernier Acte. Les portes de l'enfer vont s'ouvrir
pour accueillir le grand séducteur. Le baryton a du courage. Le vent
du Pacifique s'engouffre dans les grands cèdres qui surplombent la
scène. La mort est à l'honneur sous le soleil de Californie.
Back to the bay 7
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Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Sunday,
September 9th
Ce
matin on a rendez-vous avec l'Histoire du mouvement hippie :
Haight St et Ashbury. Depuis Downtown où nous logeons ça fait une
sacrée trotte à pieds. Les montagnes russes de San Francisco n'ont
pas volé leur réputation… Passage obligé devant les « Painted
Ladies », 5 maisons victoriennes en bois rescapées du
tremblement de terre de 1906, avec ses promeneurs de chiens
professionnels dans Alamo Square.
Et
c'est enfin le carrefour Haight-Ashbury, épicentre du séisme de la
« Counter Culture » des sixties. LE Height ! Etrange
impression. Les trottoirs sont bondés de monde. On ferme les yeux.
Et tout de suite arrivent les images floues en Super 8 tournées ici
par des amateurs. Une joyeuse troupe colorée de hippies descend
Ashbury. Elle arrive du no 710, quartier général du Grateful Dead,
ou du 122 Lyon St, l'appart de Janis Joplin de la grande époque,
celle de « Big Brother ». On chante, on raconte des
blagues, les enfants descendent la rue en courant, on salue gaiement
le copain qui filme. Tout le monde sourit, les filles sont toutes
belles et blondes. Pas un seul noir… L'acide et l'alcool dans
toutes les poches, ou presque…
Et
puis on a rouvert les yeux et on a remonté le Haight, vers Golden
Gate Park. Des touristes par centaines, beaucoup de français :
Fin du Tour en bus des parcs nationaux avec une journée - pas plus –
pour aller voir le Pont et les hippies avant de reprendre l'avion
pour Roissy. Des hippies, bien sûr, il n'y en a plus, après un
demi-siècle. Même les fantômes se sont enfuis. Le Haight
aujourd'hui est une sorte de mélange de Lourdes et du
Mont-Saint-Michel. Le commerce tourne à plein régime. Verroterie,
parfumerie, vêtements, posters, CD… Style hippie garanti et bien
sûr made in RPC. Quelques hippies de carte postale ( et d'époque!)
se laissent photographier et vous demandent une pièce après.
On
ne peut pas rater la maison où vécut Jimmy Hendrix en 1967. Elle
est peinte en rouge sang et la figure sympa du guitariste est peinte
sur le pignon. C'est bien ici qu'il a habité ! Et les badauds
se précipitent dans le magasin du rez - de – chaussée pour
acheter les meilleurs parfums d'Arabie… Devant la porte une
splendide Porsche 911 rouge est stationnée. Je parierais bien que
c'est celle du patron du magasin.
lundi 15 octobre 2018
Back to the Bay 6
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Petit
journal de bord d'un séjour à San Francisco, à la découverte
d'une ville mythique et aussi à la recherche des fantômes de la
Beat Generation, des idées et du son des années hippie, du Grateful
Dead, du Jefferson Airplane et de Janis Joplin bien sûr.
Saturday,
September 8th
Nous
ne sommes peut-être pas passés le bon jour, mais la librairie
« City Lights Books » nous a semblé bien calme en ce
samedi ensoleillé de fin d'été. Des pièces minuscules, encastrées
les unes dans les autres, des escaliers en bois étroits et tortueux,
des alcôves, des petits recoins sombres, des milliers et des
milliers de livres et de revues. Lawrence Ferlinguetti, le créateur
de la librairie la plus célèbre des Etats-Unis, lui a donné ce nom
en hommage au film de Charles Chaplin « Les Lumières de la
Ville »(1931). C'est ici que le coeur de la Beat Generation a
battu dans les années cinquante et c'est ici aussi que Ferlinguetti
s'est battu contre le conservatisme puritain notamment lors du
célèbre procès qui a suivi la publication de « Howl »
d'Allan Ginsberg (1957). Farouche défenseur des droits de l'Homme et
de la liberté sexuelle, pacifiste convaincu, militant anti-raciste,
Ferlinguetti, poète, libraire et éditeur,( aujourd'hui âgé de 99
ans!) a été en quelque sorte le Maspero de la West Coast, le
marxisme en moins. Ce matin, les clients sont des « boomers »
à la soixantaine bien tassée, et ils parcourent paisiblement les
rayons Vegan et Yoga. On s'est assis sur un petit banc, on a trouvé
au rayon poésie un exemplaire de la fameuse collection « Pocket
Poets » ( un peu ce que fera Seghers plus tard ), et on a lu
« Bomb » de Corso. L'esprit de la Beat Generation nous a
paru alors bien, bien loin, à ce moment-là, dans cette petite
librairie de province endormie… On est sorti, j'ai pris une photo
dans Columbus Avenue et on est parti à pieds vers le sud.
… Et
on a retrouvé le Souffle de San Francisco. Des dizaines de milliers
de personnes manifestaient pour la défense du climat : Sur plus
de 5km, Market St envahie de pancartes, de banderoles, de sirènes,
de chansons, de slogans au mégaphone. Des grand-mères, des enfants
en poussette, des couples de tous âges, des handicapés en fauteuil,
des chiens, des centaines d'étudiants de Berkeley, des chiens, des
jongleurs, des pacifistes, des écolos, le parti socialiste
californien ( si,si ! ), le LGBT local en masse et… pas un
seul policier en vue ! Une impression de force extraordinaire,
une détermination farouche contre la politique de Trump, mais aussi
et surtout, la bonne humeur et la fantaisie. Comme si la Beat
Generation et le Flower Power se retrouvaient ensemble, dans la rue,
cinquante ans après.
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